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La vanité (histoire zen) juillet 18 2008

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Il était une fois un premier ministre de Chine ferme et bienveillant, prudent et généreux, habile et le cœur droit, un homme juste, un sage. À la cour de l’empereur, chacun le respectait et l’aimait. Kuo-tze-i, malgré ses hautes fonctions, était resté très simple.
Tous les mois, Kuo distrayait une journée de son temps précieux pour aller rendre visite à son maître zen, qui habitait un petit temple caché dans la montagne. Il venait accompagné d’un seul serviteur, sans aucun apparat. Les deux hommes, qui se connaissaient depuis de longues années, conversaient agréablement, abordant librement tous les sujets. Jamais l’on n’entendait l’un deux élever la voix. Un jour, pourtant, Kuo-tze-i demanda :
« Maître, vous savez qu’à la cour j’ai l’occasion de rencontrer toutes sortes de gens. Je suis effaré par la vanité de certains, des fonctionnaires dont le rang est bien inférieur au mien ! J’avoue que je ne comprends pas, conclut-il en riant.
- Ah, tu ne comprends pas, pauvre crétin ! fit brusquement le maître zen.
- Mais, mais…, balbutia le premier ministre, qui devenait tout rouge. Je ne vous permets pas…
- Vois-tu, Kuo, dit alors tranquillement le maître zen, c’est cela la vanité. »

Henri Brunel, Le moustique, Librio

À l’origine de toute violence envers soi-même ou les autres,
l’attachement à une image de soi


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